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Nulla dies sin linea

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Vivre ou rêver sa vie...

Vous êtes sur un blog d'écriture qui a connu plusieurs mutations. Ce blog suit ma route depuis de nombreuses années désormais, perdant ou gagnant du contenu au gré des vents et de ma météo intérieure.

Cette route me plait, son paysage est plutot sympathique, parfois surprenant, burlesque ou inatendu, mais toujours intéressant, enrichissant à mes yeux.

Mi 2010 la route a biffurqué en angle droit, changeant brusquement d'orientation, de paysage et de destination. Le nouveau décor est si riche que je lui dois toute mon attention. Cela implique moins de temps pour écrire ici, faisant mentir en ligne ma devise "Nulla Dies Sin Linea".

Presque 5 années ont passées. Une pause dans laquelle j'ai vécu tout plein de belles choses qui, si elle m'ont enrichie, m'ont éloignée de l'écriture. Aujourd'hui j'ai d'autres priorités : Ririe (née en 2012), Fifi (né en 2013) et Loulou (né en 2015)... sans oublier leur géniteur "l'homme".
Mais l'envie est toujours là, alors pourquoi ne pas reprendre un peu le voyage ? Je ne promets pas de faire du quotidien, juste d'essayer de reprendre mon carnet de croquis... peut être un peu différemment ?

Cordialement,

CMASC,
aka Sylvia George

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Cmasc, portraits croqués

Photo, peinture ou dessin, les portraits m'intéressent depuis longtemps. 
Que sait-on d'un personnage, face à son image ?
Que disent les lignes ?
Que cachent-elles ?

Je vous propose une expérience : chaque jour, à heure fixe, apparaît un nouvel article, portrait d'une personne réelle ou rêvée.  
Découvrez portraits croqués différement, par les mots plutôt que par les images. Acceptez cette invitation à un voyage dans l'imaginaire. 
Et profitez bien du paysage... 

18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 08:00

22 ans au moment des faits.
La plus jeune docteur  (figure au Guinness book)
Blonde, cheveux fin. Grande et mince (trop mince ?)
Mère chirurgien cardiaque

Janice est dressée pour devenir le plus grand chirurgien de l’histoire de la médecine… Son esprit hors du commun lui fait chercher une autre voie

Personnage principal

 

Il franchit la porte des urgences.

Si, derrière des barrières, la salle d’attente semblait relativement calme, de ce côté c’était plein. Pas une place de libre dans la salle de soin où il se trouvait. Dans les couloirs, des brancards accueillaient les derniers patients amenés par les secouristes. Au box n°2, une réanimation était en cours. Rien qu’a la façon de bouger des médecins urgentistes, Hugo savait que le patient était foutu. Il s’assit sur un fauteuil roulant qui traînait le long du mur.

 

Quelques minutes passèrent.

 

Les soignants passaient d’un lit à l’autre, de la salle de soins aux boxes de déchoquage, parlant une demi minute avec un patient avant de courir vers un autre, vomissant plus fort ou saignant plus bruyamment. A travers la vite de la n°2 les médecins cessèrent subitement leur balai. Ils sortirent un à un du box, tête basse, queue entre les jambes. L’un d’entre eux passa devant lui sans le voir pour se diriger vers la salle d’attente.

Les médecins et les infirmiers fourmillaient dans un balai désordonné. Côté patients, une femme bon chic bon genre se plaignait à sa voisine d’infortune de la lenteur des soins. Une autre, plus vieille et moins friquée, attendait sagement que l’on accepte de lui porter attention. Non loin de Hugo se trouvait un homme de son âge, fleurant clairement le sans abri, le bras emballé des doigts jusqu'à l’épaule. Muet, il se tordait de douleur. Face à lui, un enfant pleurait, criant aussi fort qui le pouvait.

 

« Désordre et vacarme » pensa Hugo. Difficilement supportable.

 

Janice était au fond de la salle de soin. Ses cheveux relevés dans un chignon bien net, le visage concentré, elle semblait totalement indifférente au bruit et à l’agitation régnant sur les lieux. Seul son regard vif trahissait sa détermination, son énergie. La petite trentaine, le patient de la très jeune femme était monitoré sous O2.

Hugo mettait sur le compte de la curiosité son envie de voir la bête travailler.

Janice avait un visage fin, doux. Des traits réguliers. Peut-être un peu banaux. Elle chaussa son stéthoscope et commença l’auscultation.

 

Il la trouvait jolie. Le charme d’une fille saine et sportive. Il se demanda qu’elle était sa faiblesse : alcool ou mecs ?

Il décida que c’était les mecs.

 

Dans les traits posés de la jeune femme Hugo chercha ceux de l’enfant qu’elle avait dû être. Il l’imaginait, fourrée dans les livres, une fossette se creusant entre ses sourcils exactement comme à cet instant où elle se concentrait pour écouter le cœur du patient. 

 

Lisa entra dans la salle. Elle lui jeta un regard mi-surprit avant d’aller faire le tour des médecins. Hugo sourit intérieurement. Lisa se demandait certainement pourquoi diable il squattait dans son service. Il était tranquille cependant. Plutôt claquer que venir lui poser la question. Tant qu’il ne la gênerait pas, elle lui foutrait la paix.

Comme un pacte tacite.

Il reporta son attention sur la bestiole.

C’était la troisième fois qu’il descendait l’observer.

Si elle l’avait probablement, repéré, elle n’en avait rien montré, évoluant dans son bocal, indifférente à ce qui lui était inutile. Sa présence, en l’occurrence.

Janice posa le dossier du trentenaire. Client suivant. Elle se dirigea vers le sans abri, son regard glissant sur Hugo, sans s’arrêter.

Avril 2010 - la suite ici

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