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Nulla dies sin linea

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Vivre ou rêver sa vie...

Vous êtes sur un blog d'écriture qui a connu plusieurs mutations. Ce blog suit ma route depuis de nombreuses années désormais, perdant ou gagnant du contenu au gré des vents et de ma météo intérieure.

Cette route me plait, son paysage est plutot sympathique, parfois surprenant, burlesque ou inatendu, mais toujours intéressant, enrichissant à mes yeux.

Mi 2010 la route a biffurqué en angle droit, changeant brusquement d'orientation, de paysage et de destination. Le nouveau décor est si riche que je lui dois toute mon attention. Cela implique moins de temps pour écrire ici, faisant mentir en ligne ma devise "Nulla Dies Sin Linea".

Presque 5 années ont passées. Une pause dans laquelle j'ai vécu tout plein de belles choses qui, si elle m'ont enrichie, m'ont éloignée de l'écriture. Aujourd'hui j'ai d'autres priorités : Ririe (née en 2012), Fifi (né en 2013) et Loulou (né en 2015)... sans oublier leur géniteur "l'homme".
Mais l'envie est toujours là, alors pourquoi ne pas reprendre un peu le voyage ? Je ne promets pas de faire du quotidien, juste d'essayer de reprendre mon carnet de croquis... peut être un peu différemment ?

Cordialement,

CMASC,
aka Sylvia George

Archives

Cmasc, portraits croqués

Photo, peinture ou dessin, les portraits m'intéressent depuis longtemps. 
Que sait-on d'un personnage, face à son image ?
Que disent les lignes ?
Que cachent-elles ?

Je vous propose une expérience : chaque jour, à heure fixe, apparaît un nouvel article, portrait d'une personne réelle ou rêvée.  
Découvrez portraits croqués différement, par les mots plutôt que par les images. Acceptez cette invitation à un voyage dans l'imaginaire. 
Et profitez bien du paysage... 

26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 16:00

Teint, yeux, cheveux clairs.
Une vingtaine d’années, plus cinq ans.
Designer spécialisée dans les objets du quotidien
Figurante


Dora est en retard. Les autres filles sont probablement toutes déjà arrivées. Les indications étaient claires, elle trouve l’hôtel du premier coup. Une chance… Roulant un peu trop vite, elle donne un bon coup de frein pour entrer dans la propriété. Les roues crissent sur le gravier. La traversée du parc est magique. Un bois d’arbres centenaires, puis une clairière avec un étang et le bâtiment principal au bout d’une avenue bordée de tilleuls. Chaleureux et élégant. A deux cents mètre, le haras dont on ne voit que l’écurie.
C’est ici que Pauline a grandit, au milieu des chevaux et de la nature. Etonnant qu’elle soit devenue amie avec elle, fille de la ville allergique à tout ce qui a des poils. Par principe.
L’hôtel est réservé au mariage. La majeure partie des invités ne sera là que demain, il y a donc plein de place sur le parking. Dora gare son coupé légèrement en travers non loin d’un monospace foncé aux vitres teintées dont le propriétaire décharge un lit parapluie. Elle sort de sa voiture comme une furie, claque violement la portière, et son sac sur l’épaule, s’étale bruyamment dans une envolée de juron.
- « Ca va ? »
Dora relève la tête. Un homme la regarde, l’air surprit. Un homme ? Plutôt le croisement de Brad Pitt et l’autr’ acteur, le grand mec blond qui joue les tueurs à gages. Dora bredouille un « ouais » pas très compréhensible qui fait sourire le Dieu sur pattes. Ramassant ce qui lui reste de dignité et le sac que lui tend Leonardo DiCapprio, elle repart en boitillant vers l’entrée. Pauline est là, avec les filles.
- « je viens de me casser la figure devant le plus beau mec qu’il m’ait été donné de croiser ! » leur dit-elle, « Un Dieu sur patte tellement il est canon. Le sosie de John Melson ».
Les filles se figent, sauf Pauline qui sourit : c’était son beau frère, mais pas un sosie.

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 16:00

Cheveux courts, chemise blanche rayée de rose.
Sert contre elle un bébé, nouvelle née emmaillotée dans un linge rose.
Héroïne


L’hôpital peut accueillir 300 personnes. Ils sont au moins 4.000. Alice a perdu son mari dans l’effondrement de leur boutique. Enceinte de 38 semaines, elle était aux toilettes pour soulager sa vessie réduite lorsque le monde s’est écroulé.

Les cabinets ont tenu bon. Elle aussi.

Alice regarde son nourisson. Elle est si jolie. Si fragile. La petite dort dans un demi sourire qu’elle adresse aux anges. A son père ? Le médecin venu les ausculter les regarde d’un air doux. « Comment s’appelle-t-elle ? » demande-t-il. Alice ne sait que répondre.

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 16:00
secours-haiti.jpg27 ans, dont douze de secourisme et huit de sécurité civile.
Seconde fois en Haïti. En 2008, faisait partie des équipes venues aider les populations suite à Hannah.
Héros qui s'ignore

Il était dans le premier avion français vers Haïti, avec 119 collègues. Le séïsme, c’était il y a 36h. Les quatre jours qu’il a vécu depuis le changeront. Il le sait. On n’a plus le même regard lorsque l’on sort des cadavres par dizaines de ruines instables.

Avec Nico, ils ont suivit une femme jusqu’à sa maison. Son fils est coincé dans les décombres. Elle assure qu'il  répondait à ses appels il y a moins d’une heure.
Ben se glisse entre les  décombres du premier et la dalle du second étage du bâtiment. Ben crie, appelle « Sébastien ! ». Pas de réponse. La femme supplie en créole son fils de répondre au secours. Nico les regarde, résigné.
Ils redescendent un escalier étrangement intact et cherchent une autre voie vers l’appartement de la femme. Nico s’avance, rampe dans une fissure. Ben et la femme appelle encore l’enfant qui ne répond pas.
Quelques instants passent pendant lesquel Nico s'enfonce plus profondément dans les ruines. A son visage lorsqu'il ressort, Ben comprend. La femme aussi.
Sébastien est mort depuis plusieurs jours.
Sa mère n’a pas la force de le pleurer

Sur les bords de la route, les Haïtiens marchent lentement en file indienne. Ils suivent le rythme d'une chanson en dansant, tous emportés dans une même mélopée. Ces hommes et ses femmes remercient Dieu : ils sont en vie.
A l’arrière du pic up, Ben  a la chair de poule : il ne lâchera rien.

Deux heures de sommeil, une ration de pattes et il ira rejoindre les autres à l’école de la trinité.
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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 16:00
4 ans
Un frère, une sœur. Père chauffeur de taxi. Mère cuisinière à l’hôtel Montana.
Figurante


Une petite fille somnole sur un matelas crasseux dans la cours d'un hôpital bondé. Elle a perdu toute sa famille dans le seïsme. Une blessure à la tête la met en danger de mort… Et lui sauve la vie.
Le médecin blanc a trouvé quatre places dans un avion français retournant vers la Martinique. Il est arrivé depuis quelque minutes, dans un 4x4 en parfait état. Cela fait 48h heures qu’il est à Haïti. Ses yeux sont bleu. C’est tout ce que la tête malade de al petite fille retient lorsque l'homme se penche vers elle, l’examine.
Quelques minutes passent
Elle sent des mains la soulever. Le médecin blanc est près d’elle, elle reconnaît une voix qui ne parle pas comme les gens d’ici. Au volant de la voiture, le médecin se retourne régulièrement pour vérifier qu’elle et sa compagne de route ne sont pas « parties ». La fillette sent sa force. Ses espoirs d’homme blanc. Son abattement.
Il la prend dans ses bras pour monter avec elle dans l’avion. Il la dépose aussi confortablement que possible sur deux fauteuils transposés en lit d’hôpital. Sa perfusion est accrochée à l’appui tête. Elle n’a jamais prit l’avion. Elle ne sait pas ce qu’est un avion. "Anne" écrit au bic sur son t-shirt est le seul moyen de l'identifier.

Le médecin urgentiste descend de l’avion soulagé. Les 3 enfants et la femme ont survécus à la traversée de Port-Au-Prince. Ils seront à la Martinique dans deux heures trente. Au bloc opératoire dans quatre. Il repart dans la misère de Haïti.

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 16:00

adam-2.jpg





Combattant bleu
Occupant d’un aquarium Biorb de 60 litres.
C’est le pionnier dudit aquarium, il est entré en premier, suivit de 3 danios.
L’un des danio  ne vivra que 24h. Les deux autres survivront à Adam
Personnage principal


Il est fier. Il est bleu. Ses nageoires majestueuses impressionnent ses compagnons de captivité. L’orgie à commencé par un petit poisson néon. Puis un second. Puis tous les autres, les arlequins comme les rouges ou les argents.
Lorsque son estomac et se crocs de poissons sont pleins, Adam joue avec le poisson nettoyeur blanc. Le stupide animal est tellement nerveux qu’il fait des remous dans tout l’aquarium.
L’humaine, géante qui ajoute régulièrement des miettes de bouffe insipide dans une eau par ailleurs fort agréable, passe des heures à le regarder. Elle aussi rit quand l’idiot de l’aquarium part en fusée et se cogne au corail artificiel.

Adam se plait bien dans ce microcosme citadin.

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 16:00

Corydora albinos
Figurant


Cubiac a été choisi pour sa non couleur. Il est entré dans l’aquarium un samedi après midi avec sacabouff, un corydora moucheté. C’est Adam, le pionnier du milieu clos qui l’a accueillit. Intrigué par ce poisson blanc aux yeux rouges, le combattant s’est approché en douceur, a donné  un petit coup de museau.
Cubiac est partit en courant à pleine nageoires, décrivant des huit dans l’aquarium pendant une bonne minute.
Souriant Adam l’a regardé faire. « Marrant » pensait-il, lâchant une bulle de contentement avant de recommencer.

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 16:00

Costaud
Chauve
Clairement mal rasé
Ce n’est pas qu’il est impressionnant. Un peu quand même
Instantané

 

Sa casquette vissée sur la tête, Barnabé me regarde. Il ne sait que penser. Je souris. Il m’imite.
C’est du lard ou du cochon ?
Le saura-t-on jamais ?

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 16:00

La vie l’a emporté vers la maladie.
Le ciel lui est tombé sur la tête un jour de février 1987.
Depuis qu’il sait.
Il résisté plus de 20 ans.
Sa seule concession : il n’a pas eu d’enfant.
Héros


Plus jamais elle ne le tiendrait dans ses bras.
Plus jamais elle n’entendrait son rire.
Plus jamais il ne lui parlerait de ses chansons, de sa musique. Du monde qu’il faut changer.
Plus jamais.
Le cercueil de bois clair symbolisait concrètement la mort de son enfant. Elle ne pouvait croire que son fils, amateur de grands espaces, détestant les endroits confinés, puisse tenir dans cette une boite. Les enfants ne sont pas faits pour être enfermés dans des boites. Peut importe qu’il soit mort d’une maladie « mortelle ». Pléonasme. La vie est mortelle, soit. Mais une mère n’a pas à enterrer son fils.
« Je me suis bien battu Maman, je n’ai aucun regret.» Elle aimerait pouvoir en dire autant.

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 16:00

1 Bonnet noir avec des brillants en plastiques collés
2 Oreilles en moumoute rose bonbon
3 Potes sapés comme lui, doudoune sans manche sur sweet à capuche
Figurant


Kévin essaie d’attraper le train en courant. Il habite le plateau, et s’il arrive trop tard à la ville, il ratera le dernier bus qui mont jusque chez lui. Il est subitement projeté en avant, et tombe sur l’un des bans de la gare. Kévin se retourne, mi surprit, mi colère
- « Putain, connard, tu m’as fait rater le train » dit-il à son pote qui le lâche aussitôt.
- « C’est pas le bon train, abruti ! Tu veux aller chez les connards de l’aut’ ville ? 
- « Putain, merde, c’est vrai, chier ! Faut qu’j’ai une saloperie de train vite fait moi ! »

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 16:53

seisme-Haiti-2.jpg16 ans.
Une jeune fille pleine de vie et de joie
Trois frères, une sœur.
Dixie vit à Haïti dans une maison en dur.
Figurante
 

Les voisins ont entendus leurs cris. Ils ont commencé à déblayer les débris pour tenter de les dégager. Dixie et son frère Jean Didier sont coincés côte à côte, à quelques centimètres. Jean Didier est sur le dos, Dixie sur le ventre. Dès que son torse fut dégagé, elle a pu attraper la main de son petit frère. Ce contact leur permet de rester fort, de ne pas avoir peur. De ne pas craquer. Ils sont ensemble, coincés par une même poutre, la poussière et le sang maculant leurs vêtements clairs et leur peau noir.

Personne ne sait où Jean Max se trouve dans les décombres.
Personne ne sait comment les dégager.
Personne ne les laissera tomber.

Deux heures plus tôt, Dixie était dans la cuisine avec deux de ses frères. Jean Didier avait allumé le transistor et Jean Max faisait une imitation de Michael Jackson. Debout devant la gazinière, la spatule dans la main, Dixie se souvient qu’elle riait à gorge déployée lorsque la terre s’est mise à trembler.
Les trois enfants se sont précipités sous la table à manger. Ils se sont pelotonnés l’un contre l’autre. Elle n’avait pas peur. Elle savait que sa maison était solide... Et la maison a tenu. Soulagés, les enfants ont attendus quelques minutes avant de sortir de sous la table. Ils allaient quitter la maison lorsqu’une réplique du séisme l’a fait s’écrouler sur leurs têtes.

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